“Génération Windrush” : qui sont ces citoyens anglais d'origine antillaise dans le viseur de Theresa May ?

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Un coup dur de plus pour la Première ministre Theresa May qui doit affronter de difficiles élections locales le 3 mai. Une figure de son gouvernement, la ministre de l'Intérieur Amber Rudd, a été contrainte de présenter sa démission, dimanche 29 avril, emportée par le “scandale Windrush”.

Ce scandale est lié à la situation de milliers d’Antillais arrivés en Angleterre  entre 1948 et 1973 pour reconstruire le pays, dévasté par la Seconde Guerre mondiale. Leur surnom, “génération Windrush”, vient du nom du premier bateau d’immigrants, l’Empire-Windrush qui, en 1948, transporta 492 personnes, en provenance de la Jamaïque. Ces Antillais, souvent d’anciens combattants, bénéficiaient alors du droit d’installation en Grande-Bretagne en tant que ressortissants du Commonwealth.

En 1971, la loi change et devient plus restrictive mais les citoyens du Commonwealth déjà installés au Royaume-Uni se voient confirmer leur droit de résidence permanent. Dans un pays où la carte d’identité n’existe pas encore, ils n'ont pas de démarche administrative à accomplir, sauf en cas de demande d'un passeport mais cette population qui, généralement, n’a que des moyens modestes voyage peu.

A partir de 2010, les conservateurs durcissent la politique anti-immigration et tentent  – sans succès – de faire descendre à moins de 100 000 par an (contre 230 000 aujourd’hui) le nombre d’entrées d’étrangers dans le pays. En 2012, une politique officiellement intitulée d’“environnement hostile à l’immigration illégale” est engagée par Theresa May, alors ministre de l’Intérieur.

“Une conséquence de l’environnement hostile des conservateurs”

Selon Le Monde, cette politique pousse à “encourager les propriétaires, les employeurs, les médecins, à contrôler la régularité du séjour de leurs salariés, locataires et patients”. N'ayant jamais fait les démarches administratives demandées, nombre de membres de la génération Windrush se retrouvent dans des situations très difficiles et menacés d’expulsion vers des pays qu'ils ont quittés enfants et qu'ils n'ont jamais connus. Certains se retrouvent licenciés, privés de soins médicaux, car ils ne peuvent pas prouver leur nationalité britannique, à moins de fournir une énorme masse de documents.

En mars dernier, la journaliste du Guardian Amelia Gentleman a donné plusieurs exemples de ces imbroglios désespérés. Le cas d’Albert Thompson (pseudonyme), un infirmier de 63 ans vivant au Royaume-Uni depuis quarante-quatre ans, qui s’est vu refuser un traitement de son cancer de la prostate, a particulièrement ému l'opinion.

Devant le scandale, Theresa May a présenté ses excuses et Amber Rudd a finalement promis une compensation financière et une naturalisation d’office pour toute la génération Windrush. Mais ces remords n'ont pas suffi et la ministre de l'Intérieur a fait office de fusible. Après le traumatisme du Brexit, les 3 millions de citoyens de l’Union européenne installés en Grande-Bretagne se demandent si la même chose ne pourrait pas leur arriver. Le maire de Londres, Sadiq Khan, a lancé :  “Ce qui est arrivé à la génération Windrush ne résulte pas d’une erreur de l’administration. C’est une conséquence de l’environnement hostile créé par le gouvernement [conservateur].”



Source : https://www.lesinrocks.com/2018/04/30/actualite/generation-windrush-qui-sont-ces-citoyens-anglais-dorigine-antillaise-dans-le-viseur-de-theresa-may-111077973/
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Date de parution : 30 April 2018 | 3:32 pm